On avait prévu deux jours. Il en a fallu trois. Le Jura ne se laisse pas visiter en vitesse, surtout au printemps, quand la pluie s'installe entre les marnes et que les caves deviennent les seuls endroits secs à des kilomètres à la ronde.
Léa nous attendait à Pupillin. On a goûté debout, dans une cave si fraîche qu'on a fini par mettre nos manteaux. Six bouteilles ouvertes, des silences entre chaque verre, et cette certitude qui revient à chaque voyage : ce sont rarement les vins les plus parlés qui restent.
Le meilleur moment, c'est quand on oublie de prendre des notes.
Une bouteille qui revient à table
Le soir, dans une auberge où le menu se résumait à ce que la cuisinière avait sous la main, La Combe Libre est sortie deux fois du coffre. La première parce qu'on voulait la regoûter. La seconde parce qu'elle nous avait laissés sans voix.
On est repartis avec trois caisses, des promesses d'envois plus tard dans l'année, et la sensation rare d'avoir trouvé quelque chose qu'on aurait du mal à expliquer sans le faire goûter.